ENNERY (57)
Au Pays des Trois Frontières
Commune jumelée avec Janaillat (Creuse) et Ennery-en-Vexin (Val d'Oise)
LE CHATEAU
  Il a été construit en 990 par les Templiers. A cette époque, le propriétaire du château était le Duc de BRANDEBOURG qui, pendant son voyage en Terre Sainte pour délivrer le tombeau du Christ, a perdu sa femme la Duchesse de BRANDEBOURG. Elle repose dans l' Église d'ENNERY (à cette époque elle était la chapelle du château) sous l'autel de la Vierge (à gauche vers l'autel en venant de la porte principale).Le grand vitrail qui est sur le côté de cet autel la représente avec sa robe de velours rouge et sa couronne de Duchesse en or, telle qu'elle y est enterrée, ceci d'après les archives de METZ, si elles existent encore..., qui lui donnaient 22 ans. C'est le grand-père de la grand-mère de la Marquise de BEAUREGARD, née de TOCQUEVILLE, qui l'a découverte en faisant agrandir la chapelle pour en faire une Église qu'il a donnée au village. (extraits de la lettre en date du 13 juin 1965 adressée à M. PIERSON Marcel, adjoint au maire, par la Marquise de BEAUREGARD). 
  
  Il ne faut considérer le château d’ENNERY que comme la citadelle d’une place fortifiée. 
 
   Le village, en effet, était revêtu d’un caractère défensif. Il était entouré d’une solide muraille, percée de meurtrières, qui ne s’ouvraient qu’à deux endroits opposés. C’était la porte haute, qui communiquait avec les villages situés à l’est, et la porte basse qui donnait accès sur les rives de la Moselle. Il y avait aussi, sans doute, aux angles de la muraille et aux endroits exposés, ainsi que de chaque côté des portes, des tours percées de meurtrières et munies de créneaux et présentant plusieurs étages de feux. 
  
  De même que dans la plupart des villages fortifiés des environs de METZ, tous ces vestiges d’une époque lointaine ont disparu, même les deux portes. 
  
  Le château, de forme presque carrée, était établi dans la partie la plus élevée du village et formait un bâtiment massif, défendu par quatre tours d’angle et entouré d’un large fossé. C’était là l’habitation du Seigneur et son dernier refuge lorsque l’ennemi s’était emparé du village. Un pont-levis conduisait de la plate-forme dans un deuxième réduit, également entouré de fossés et où s’élevaient les bâtiments des communs et les logements occupés par les défenseurs. En face de la porte d’entrée, un deuxième pont-levis reliait la fortification au village. 
  
  On comprend qu’avec un système aussi étendu, le château d’ ENNERY, comme celui de VRY, ait figuré parmi les meilleures places fortes du pays messin. Si la garnison était sur ses gardes, il n’était possible de s’en emparer qu’au moyen de l’artillerie, dont l’emploi était plutôt rare. La population était à l’abri des coups de mains de ces bandes indisciplinées qui désolaient les campagnes. De fait, le château ne fut jamais pris que par des armés munies de bouches à feu ou par trahison, comme en 1418. Cette année là, la cité d'ENNERY, qui avait une citadelle défendue par une garnison et de l'artillerie, fut prise par FERRY de CHAMBLEY. Le Duc de Lorraine la reprit et la rendit aux Messins qui y établirent le gouverneur Henry de BAHENGNON, leur allié. Hélas, ce dernier les trahit en introduisant dans le château, au moyen de tonneaux, une troupe de gens d'armes qui le livrèrent à VINCHELIN et à Henry de la Tour alors en guerre avec les Messins qui avaient contribué à la destruction du château de SANRY qui appartenait à ces deux Seigneurs. En 1420, des soldats de METZ rencontrèrent BAHENGNON, l'arrêtèrent et le conduisirent devant les magistrats de cette cité qui le condamnèrent au pilori devant la cathédrale ; de là, il fut traîné sur la claie jusqu'au Pont des Morts où on l' écartela. 
  
  En 1552, un peu avant l'arrivée de Charles Quint, les Seigneurs de METZ allèrent attendre à ENNERY le Duc de Guise. 
 
   En 1667, une ordonnance royale qui confère le titre de commandant du château d'ENNERY au sieur BEROT, montre qu'ENNERY, au dix septième siècle, était tout à fait passé à l'état de forteresse classée en raison de l'importance de ses fossés et de la solidité de ses remparts. Voici les termes de ce brevet : "Le Roy ayant jugé nécessaire pour son service de faire établir garnison dans le château d' ENNERY, au pays messin, et voulant pourvoir à ce qu'elle y soit commandé par une personne capable de s'employer utilement à la garde dudit château, Sa Majesté à choisy le Sieur BEROT, à qui il appartient pour avoir le dit commandement, ordonner aux gens de guerre estant et pouvant y estre envoyé en garnison ce qu'ils y auront à faire pour le service de Sa Majesté". Fait à PARIS le 10 décembre 1667 - Louis LETELLIER - 
  
  La famille de Heu marqua l’histoire de cet édifice et du village pendant plus de deux siècles. 
  
  Le château fut rénové à maintes reprises mais ces restaurations l’avaient déparé. 
  
  Le toit de la bâtisse s’est effondré en 1960 lorsqu’un avion passa le mur du son. Propriété privée, il est maintenant en ruines, envahi par la végétation et sert de refuge aux oiseaux. 
  
 
Souvenirs d'un glorieux passé